PRE+ et PRE− sur les 24 dernières heures
Évolution au pas de 15 minutes. Données en €/MWh.
Source : RTE, prix de règlement des écarts. Dernière mise à jour : 4 juin 2026 à 00h45.
Moyennes journalières du PRE sur 90 jours
Moyenne quotidienne des PRE+ et PRE− en €/MWh.
Source : RTE, moyennes journalières du prix de règlement des écarts.
Qu'est-ce que le prix de règlement des écarts ?
Le prix de règlement des écarts (PRE) est un mécanisme central du système électrique français. Il reflète le coût réel des actions d'équilibrage menées par RTE pour maintenir l'équilibre entre production et consommation sur le réseau. Calculé toutes les 15 minutes, il envoie un signal financier aux responsables d'équilibre (RE) - fournisseurs, producteurs, agrégateurs - pour les inciter à minimiser leurs déséquilibres.
Concrètement, chaque responsable d'équilibre doit faire en sorte que les injections (production) soient égales aux soutirages (consommation) dans son périmètre. S'il est en déséquilibre, il est facturé ou rémunéré au prix de règlement des écarts, selon le sens de son écart et celui du système.
PRE+ et PRE− : quelle différence ?
Le prix de règlement des écarts se décline en deux valeurs, publiées simultanément pour chaque pas de 15 minutes :
PRE+ (écart positif)
Appliqué lorsque les injections dépassent les soutirages dans le périmètre d'un RE. Celui-ci est alors rémunéré par RTE au PRE+. En pratique, le PRE+ est toujours inférieur ou égal au PRE−. Lorsque le système est en surproduction, le PRE+ peut devenir négatif : le RE doit alors payer pour son surplus d'injection.
PRE− (écart négatif)
Appliqué lorsque les soutirages dépassent les injections dans le périmètre d'un RE. Celui-ci est alors facturé par RTE au PRE−. Plus la tension sur le réseau est forte, plus le PRE− est élevé, signalant un coût d'équilibrage important pour couvrir le déficit d'énergie.
Comment est calculé le PRE ?
Le calcul du prix de règlement des écarts repose sur quatre variables principales :
- Le sens du déséquilibre système : le système peut être en tendance haussière (déficit d'énergie, déséquilibre négatif) ou baissière (excédent d'énergie, déséquilibre positif). Ce sens détermine quels écarts sont « aggravants » (dans le même sens que le système) ou « compensants » (dans le sens opposé) ;
- Le prix moyen pondéré (PMP) : c'est la moyenne pondérée du coût des énergies activées par RTE pour rétablir l'équilibre. Il intègre les réserves de fréquence (aFRR, mFRR), les activations manuelles françaises et les échanges transfrontaliers ;
- Le coefficient k : fixé ex ante par RTE trois mois avant le mois de livraison, il pénalise les écarts aggravants et incite les acteurs à rester équilibrés ;
- Le volume d'écart du RE : la différence entre ses injections et ses soutirages sur le pas de 15 minutes.
Pourquoi le PRE est-il si volatile ?
Depuis 2023, la volatilité du prix de règlement des écarts a fortement augmenté. Trois facteurs expliquent cette tendance :
Manque de flexibilité baissière
La croissance du solaire combinée à une demande faible crée des périodes où le système manque de flexibilité à la baisse. Les centrales thermiques ne peuvent pas réduire davantage, ce qui provoque des prix négatifs extrêmes.
Ouverture du marché aFRR
Depuis l'automne 2023, les activations de réserve automatique de fréquence (aFRR) sont intégrées dans le calcul du PMP, créant de nouvelles sources de volatilité des prix.
Plateforme PICASSO
La plateforme européenne de partage des réserves (PICASSO) introduit des dynamiques de prix transfrontalières. L'Italie a vu ses primes d'écart multipliées par 16 après son intégration.
Quel impact pour le consommateur ?
Le prix de règlement des écarts ne s'applique pas directement aux consommateurs finaux. Il concerne les responsables d'équilibre - c'est-à-dire les fournisseurs d'énergie et les agrégateurs. Toutefois, son influence est réelle :
- Les fournisseurs proposant des offres à prix dynamique répercutent le prix spot, lui-même influencé par les coûts d'équilibrage. Des épisodes de PRE élevés tirent les prix spot vers le haut ;
- Le PRE incite les fournisseurs à mieux prévoir la consommation de leurs clients, ce qui contribue à la stabilité du réseau ;
- Le développement du stockage (batteries, véhicules électriques) et de la flexibilité de la demande représente une opportunité : les agrégateurs peuvent valoriser ces capacités sur le marché de l'équilibrage.
PRE et prix spot : quelle relation ?
Le prix de règlement des écarts et le prix spot (day-ahead) sont deux marchés distincts mais liés. Le prix spot est fixé la veille pour chaque heure du lendemain, tandis que le PRE reflète les écarts en temps réel. En règle générale, le PRE oscille autour du prix spot, mais peut s'en éloigner considérablement lors d'épisodes de tension.
À titre d'exemple, le 11 mai 2024, le PRE+ a atteint −4 182,43 €/MWh (les acteurs payaient pour injecter), tandis que le prix spot n'était qu'à −11,64 €/MWh. Ce type de divergence extrême illustre les tensions structurelles du marché de l'équilibrage, notamment lors des périodes de forte production renouvelable et de faible demande.