Mix énergétique français en 2022 : Chiffres clés et analyse

energie

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Pour répondre à ses besoins en énergie, chaque pays a recours aux énergies dont il dispose dans des proportions différentes. C’est ce qu’on appelle le mix énergétique. En France, ce “bouquet énergétique” est constitué pour l’essentiel d’électricité (principalement nucléaire). Qu’a de particulier le mix énergétique Français ? Quels en sont les enjeux ?


🐓 Le mix énergétique français

La production d’électricité française a cela de particulier qu’elle repose largement sur l’important parc nucléaire dont dispose le pays, d’où proviennent les trois quarts de l’électricité générée sur le territoire national.

En 2020, le reste est partagé entre les énergies renouvelables, au premier rang desquelles l’énergie hydraulique qui représente près de 13% de la production totale, suivie de près par l’énergie éolienne avec 7,9% de la production.

Composition du mix énergétique français
RTE - Bilan électrique français 2020 : Une année marquée par la crise sanitaire et la progression de l’éolien dans le mix électrique

🔍 Consulter la production d'électricité par filière en temps réel

Le mix énergétique français est le fruit de politiques énergétiques, environnementales et géopolitiques gouvernementales successives. On peut noter deux principales spécificités à ce mix, qui le distinguent de celui d’autres pays :

  • L’électricité est la ressource la plus sollicitée au sein des logements français, qui l’utilisent notamment pour se chauffer, au contraire d’autres pays européens qui lui préfèrent le gaz naturel ;
  • La production d’électricité en France est largement dominée par des centrales thermiques fonctionnant à l’énergie nucléaire. Du côté du reste des pays européens, ce sont les centrales thermiques à combustible fossile (charbon, fioul et gaz) qui ont la part belle.

Contrairement à la France, le mix énergétique mondial sollicite majoritairement les énergies fossiles comme le pétrole, le charbon ou encore le gaz naturel. Ces énergies sont dites “non renouvelables”, puisqu’une fois consommées, elles ne peuvent pas se régénérer.

D’après un rapport de la major BP, publié le 8 juillet 2021, au cours de l’année les énergies fossiles ont encore compté pour pas moins de 83,1% du mix énergétique mondial (contre 84,3% en 2019 et 84,7% en 2018) et pour 61,3% de la production mondiale d'électricité.

☢️ La part du nucléaire dans le mix énergétique français

nucléaire

En France, La production d’électricité est assurée par les différentes infrastructures suivants :

  1. Les centrales thermiques :
    • à combustible fossile : gaz naturel, fioul ou charbon ;
    • à l’énergie nucléaire.
  2. Les moyens de production fonctionnant aux énergies renouvelables : :
    • L’éolien ;
    • Le solaire ;
    • La géothermie ;
    • La biomasse ;
    • L’hydroélectricité.

Aujourd’hui, la France se situe au premier rang mondial concernant le taux du nucléaire dans le mix énergétique. Cet avantage compétitif lui permet d’afficher un prix du kWh d’électricité environ 25% moins cher que la moyenne de l’Union européenne. En effet, au sein des coûts complets de la filière nucléaire, les coûts d’investissement occupent une place prépondérante alors que les coûts de fonctionnement sont faibles. Le parc nucléaire étant maintenant ancien, les coûts d’investissement ont déjà été amortis et la France peut produire de l’électricité avec un coût marginal faible en comparaison de ses voisins : c’est la rente nucléaire.

Source : IAEA - NUCLEAR SHARE OF ELECTRICITY GENERATION

Avec le nucléaire et des prix bas pour l’électricité, la France a développé d’autres spécificités. Ainsi, le chauffage électrique est très répandu en France, alors qu’en Allemagne ou en Italie, les prix de l’électricité sont si élevés que le gaz naturel ou d’autres énergies alternatives sont très souvent privilégiés.

Le saviez-vous ?

Le développement de l’énergie nucléaire en France remonte aux années 70. A cette époque, la France importait plus des trois quarts de son énergie, en partie à cause de l’absence de grandes ressources de pétrole ou de gaz naturel dans le pays. Ainsi, quand surgit la crise pétrolière, le gouvernement français a mis en place un grand programme électronucléaire visant à assurer une autonomie énergétique accrue, et à réduire les coûts énergétiques des particuliers et entreprises en France.

ampoule électrique

♻️ Les énergies renouvelables dans le mix énergétique français

Energies vertes

Dans un contexte de demande croissante d’énergie, d’épuisement potentiel des ressources fossiles ainsi que de nécessaire réduction des émissions de gaz à effet de serre, le développement des énergies renouvelables constitue un enjeu majeur.

Si les objectifs fixés par la France ainsi que ses confrères européens pour l’horizon 2030 sont ambitieux, qu’en est-il des énergies renouvelables à l’aube de 2022 ?

Sur les 2 651 TWh d’énergie primaire consommés en France en 2020, 348 TWh étaient d’origine renouvelable, ce qui représente 13,1 % de cette consommation.

La part des énergies renouvelables dans le mix énergétique français a progressé d’en moyenne 5 points sur les dix dernières années (elle était de 8,3 % en 2010). Les énergies renouvelables constituent donc la quatrième source d’énergie primaire en 2020, juste derrière le nucléaire (39 %), les produits pétroliers (28 %) et le gaz naturel (17 %).

Évolution de la production primaire d’énergies renouvelables par filière :

Évolution de la production primaire d’énergies renouvelables par filière
Champ : jusqu’à l’année 2010 incluse, le périmètre géographique est la France métropolitaine. À partir de 2011, il inclut en outre les cinq DROM. Source : calculs SDES

On constate que si celle-ci s’est montrée stable jusqu’au milieu des années 2000 environ, la production primaire d’énergies renouvelables a progressé de pas moins de 70 % depuis 2005. On peut attribuer cette croissance principalement à :

  • Un fort développement de l’éolien ;
  • La recrudescence du recours aux pompes à chaleur ;
  • Le développement des biocarburants.

En effet, si ces trois filières ne représentaient que 6 % de la production primaire d’énergies renouvelables en France en 2005, elles en représentent désormais pas moins de 30 % en 2020.

Sources : Chiffres clés des énergies renouvelables Édition 2021 - statistiques.developpement-durable.gouv.fr

🔭 Quel avenir pour le mix énergétique français ?

Une électricité décarbonée

Alors que la France s'est engagée à décarboner purement et simplement son économie d'ici à 30 ans, la composition du mix énergétique du pays fait débat.

De son côté, Emmanuel Macron priorise l'énergie nucléaire dans sa stratégie en vue d’atteindre la neutralité carbone en 2050 :

Elle nous permet d’être le pays en Europe parmi ceux qui émettent le moins de tonnes de CO2 par électricité produite

M. Emmanuel MacronExtrait du message sur les efforts internationaux en faveur de la protection de l'environnement, le 12 octobre 2021

Si l’on en croit le rapport d’RTE présenté à l’automne 2021 “sur les conditions d'un système électrique à forte part d’énergies renouvelables en France à l’horizon 2050”, c’est du côté de la “réconciliation” entre nucléaire et énergies renouvelables qu’il faudra se tourner.

En plus de baisser la consommation énergétique du pays - de 40% en moyenne d’après la stratégie nationale bas carbone - et de développer le recours à l'électricité (véhicules individuels électriques, bâtiments, industries), La France a pour défi de garantir la suffisance de cette électricité. En effet, cette stratégie doit répondre à deux injonctions dans les années à venir :

  • L’accroissement de la consommation électrique ;
  • Le recours à une électricité 100% décarbonée.

Comment peut-on penser plus efficacement la question du mix énergétique dans les territoires ?

L’un des principaux objectifs d’ici à 2050 sera donc d’électrifier massivement l'économie, en vue d’atteindre la neutralité carbone.

Si pour ce faire, il n’est pas question d’abandonner complètement le nucléaire, clé de voûte du système énergétique français, celui-ci devra faire alliance commune avec les énergies renouvelables.

energies renouvelables dans le mix energetique
Infographie Dario Ingiusto / L'Express

Parmi les six scénarios développés dans le rapport RTE, il n’en est aucun dans lequel les énergies renouvelables ne prennent pas une part majoritaire dans la composition du mix énergétique français de 2050.

Cette croissance du renouvelable, à l’instar du nucléaire, suppose donc la massification des projets d’installations solaires et éoliens sur le territoire.

📣 FAQ

🏝️ Le mix énergétique est-il différent en Corse et Outre-Mer ?

Energies vertes sur les ZNI

La Corse et les départements d’outre-mer constituent des zones territoriales déconnectées du réseau électrique français (ou de façon limitée dans le cas de la Corse). En effet, les îles doivent produire sur place l’électricité qu’elles consomment, elles ne profitent donc pas des infrastructures nucléaires, et assurent l'essentiel de leur fourniture électrique grâce à l'importation d’énergies fossiles (gaz, fioul, charbon), complétées le cas échéant par des énergies renouvelables locales.

Toutefois, en raison de leurs atouts en ressources naturelles, les ZNI (Zones insulaires non interconnectées au réseau électrique métropolitain) présentent un fort potentiel pour les énergies renouvelables, c’est pourquoi la Loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) leur ont fixé deux objectifs ambitieux :

  1. Couvrir 50 % de leur mix énergétique avec des énergies renouvelables d’ici 2023 ;
  2. Parvenir à l’autonomie énergétique d’ici 2030.

🏢 Qui sont les principaux acteurs du mix énergétique français ?

En France, les grandes décisions concernant la tournure de la politique énergétique sont partagées entre différents acteurs. Ce sont eux, conjointement, qui orientent la composition du mix énergétique sur le territoire, en tenant compte des ressources disponibles, des enjeux environnementaux ainsi que des politiques internationales en la matière :

  • Le ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer ;
  • Les producteurs et les fournisseurs de gaz et d'électricité ;
  • La Commission de régulation de l'énergie (CRE) ;
  • Les gestionnaires des réseaux de transport (RTE pour l'électricité, GRTgaz et TIGF pour le gaz) et de distribution (Enedis pour l'électricité et GRDF pour le gaz).
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