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La production de l'électricité en France en 2018

Un pylône électrique vu d'en dessous

La production désigne la phase qui va de la production de l'électricité en centrale à son injection sur le réseau de transport ou de distribution. Les coûts de production sont donc les coûts liés à la génération de l'électricité et varient selon la source. Le marché de l'électricité est depuis l'année 2010 organisé par la Nouvelle Organisation du Marché de l'Électricité ou NOME qui agit sur le prix du kwh, la concurrence au sein du marché et l'énergie nucléaire.


Données récentes sur la production d'électricité en France

Le mix de la production électrique de la France en 2017

 

La production d'électricité en France en 2017 a atteint 505,4 TWh selon RTE.
Le nucléaire représentait 71,6 % de la production électrique française en 2017, contre 18% pour les énergies renouvelables et 10,4% pour les énergies fossiles. L'ensemble constituant le mix énergétique français.

Capacité de production électrique en France en 2017

Parc électrique installé en France au 31 décembre 2017, par rapport à 2016
Source de production Capacité installée en 2016 Capacité installée en 2017 Évolution 2017/2016
Nucléaire 63 130 MW 63 130 MW -
Hydraulique 25 469 MW 25 517 MW + 0,02%
Gaz 11 668 MW 11 851 MW + 1,6 %
Eolien 11 762 MW 13 559 MW + 15,3 %
Fioul 7 137 MW 4 098 MW - 42,6 %
Photovoltaïque 6 773 MW 7660 MW + 13,1 %
Charbon 2 997 MW 2 997 MW

-

Bioénergies 1 918 MW 1 949 MW + 1,6 %

La production d'électricité en France a progressé dans tous les secteurs, mis à part le charbon, le fioul et le nucléaire.. L'année 2017 a ainsi été marquée par le développement des énergies renouvelables, correspondant au long processus de transition énergétique. Comme nous pouvons le voir dans le tableau ci-dessus, les investissements dans les énergies renouvelables ont permis d'augmenter significativement les capacités de production des énergies vertes en France.

Les sources de production d'électricité en France

Le nucléaire, leader français du XXème siècle

Coût de production de l'électricité

La production d'électricité nucléaire a été le grand succès français de la deuxième moitié du XXème siècle. Elle a permis à l'Hexagone de développer un savoir-faire en matière nucléaire (exporté par Areva et EDF), de s'assurer une sécurité énergétique pérenne et de bénéficier d'un prix du kWh parmi les plus faibles des pays développés.

Aujourd'hui, le nucléaire n'a plus le vent en poupe et il est peu probable que la France développe de nouveaux projets de centrales nucléaires après l'achèvement de celui de Flamanville. Les catastrophes nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima sont en effet gravées dans les mémoires des citoyens et de leurs dirigeants. De plus, et sans même compter la question des déchets et les externalités, le nucléaire coûte très cher alors que les énergies renouvelables sont sûres et de moins en moins onéreuses. Le quinquennat Hollande aura notamment été marqué par l'annonce de la fermeture de la centrale de Fessenheim et de l'arrêt du projet d'EPR à Penly.

Le thermique, nécessaire complément des énergies renouvelables

Elle désigne la production d'électricité à partir de gaz naturel, de fioul, ou de charbon. La production thermique est nécessaire pour lisser la production d'électricité dans un mix contenant une part importante de renouvelable. Le plus gros producteur thermique en France est la SNET, filiale du groupe allemand E-on.

Les énergies renouvelables, 20% en 2020

Dans le cadre de l'engagement de 20% d'énergies renouvelables en 2020, la France a mis en place un mécanisme d'obligation d'achat afin d'encourager les français à développer des capacités de production éoliennes, hydrauliques, solaires et biomasse de petite taille. En outre, le pays dispose déjà de centrales hydroélectriques anciennes et nouvelles produisant 19,5 % de son électricité en 2017.

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Les capacités de production des producteurs alternatifs

La totalité de la production nucléaire ainsi qu'une proportion de la production verte (EDF ENR) et thermique classique est aux mains d'EDF. D'autres acteurs possèdent néanmoins des capacités significatives :

  • La SNET, groupe E-on, héritière des centrales des Charbonnages de France, centrales thermiques situées dans d'anciens bassins miniers ;
  • Engie et sa filiale la Compagnie Nationale du Rhône et la Société Hydro-Electrique du Midi (SHEM) comme Alpiq ;
  • Les ELD et d'autres acteurs européens possèdent quelques centrales thermiques ;
  • Direct Energie développe sa capacité de production en France en investissant dans centrales à cycle combiné gaz ;
  • L'Etat va renouveler les contrats concernant certaines des concessions hydrauliques par appels d'offres.

Combien coûte la production d'électricité ?

Pour faire simple, le prix de l'électricité est composé pour un tiers de la production, un tiers de la distribution et un tiers de taxes. Pour estimer la valeur de la production d'électricité, on peut se fier à plusieurs sources :

Rangées de pylônes électriques

La libéralisation induit une concurrence déséquilibrée entre EDF avec son parc de production nucléaire amorti et les nouveaux fournisseurs d'électricité, sans clients ni capacités de production. Pour compenser cela, l’État a créé l'ARENH, un accès régulé à l'électricité nucléaire historique. Pour résumer, il s'agit d'un tarif réduit permettant aux fournisseurs alternatifs d'acheter de l'électricité à un prix compétitif

L'énergie solaire photovoltaïque

 

Le coût moyen de l’électricité solaire photovoltaïque, lorsqu’elle est exploitée sous forme de parcs (installations non intégrées au bâti) ressort à 142,50€ le MWh. Ce chiffre est donné par les derniers appels d’offres nationaux pour la construction de centrales photovoltaïques. Le coût moyen évoqué est en cohérence avec le tarif de rachat de l'énergie solaire photovoltaïque, fixé par le gouvernement à 150€ le MWh depuis 2011. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) recommande régulièrement de recourir aux appels d’offres plutôt qu'aux tarifs de rachat fixes pour limiter le coût de développement des parcs photovoltaïque. Cependant, le plus important facteur de baisse des coûts est ici la chute des prix des modules photovoltaïques : la CRE note que leur coût a baissé de 65% entre 2011 et 2016.

L'énergie éolienne

Le coût moyen de production de l’électricité pour l'éolien onshore (terrestre) s’établit à 82€ le MWh, selon l’avis commun de la CRE et de la Cour des Comptes. L’éolien offshore (en mer) produit en revanche une électricité moins bon marché. Les résultats d’appels d’offres pour la construction des parcs éoliens au Tréport et à Noirmoutier permettent d’estimer ces coûts à 180€ le MWh

L'énergie hydraulique

L'énergie hydraulique est, de loin, la moins chère des énergies renouvelables. Le coût moyen de l’électricité d’origine hydroélectrique fluctue entre 15 et 20€ le MWh (source CRE et Cour des Comptes). Sur ce type de centrales, les projets sont coûteux, mais les frais de fonctionnement et de maintenance sont faibles, ce qui explique les coûts de production relativement bas. Le parc hydroélectrique français, installé depuis de nombreuses années, ne recèle cependant pas beaucoup de marge de développement.

Energie nucléaire

Fer de lance de la politique énergétique française, le coût moyen du nucléaire pour les centrales déjà construites est de 49,50€ le MWh. Ce chiffre est en hausse par rapport aux estimations de la Cour des comptes, qui évaluait le coût de production du MWh avant l’accident de Fukushima à 42 euros le MWh. Pour les centrales en cours de construction (l'EPR de Flamanville en France), la Cour des Comptes estime le coût de production des nouveaux réacteurs dans une fourchette de 70 à 90 euros, en s’appuyant sur les coûts de construction de l’EPR, sans cesse relevés, et chiffrés début 2014 à 8,5 milliards d'euros. A considérer le prix de vente négocié par EDF Energy en octobre 2013 avec le gouvernement britannique pour d’autres centrales en cours de construction (109€ le MWh), le coût de production de l’électricité via les nouvelles centrales serait plus proche de 100€ le MWh. De quoi mettre en doute la fameuse compétitivité de l’atome.

Energie thermique au gaz

Les centrales thermiques au gaz les plus récentes ont un cout de production moyen du MWh estimé en 2013 par EDF entre 70€ et 100€ le MWh. Un chiffre qu’il faudrait certainement revoir à la hausse : l’effet gaz de schiste au Etats-Unis amène une véritable désaffection en Europe pour l’énergie thermique au gaz, ce qui diminue les taux d’utilisation des centrales construites, dont les coûts fixes reposent sur une plus faible production. A la fin du processus, les coûts de production des centrales au gaz devaient donc se situer dans le haut de la fourchette présentée par EDF.

Le tarif réglementé

Au 01/01/2018, le prix du kWh (option base) du tarif bleu s'établit à 14,67 centimes d'euros par kWh, soit 146,70 €/MWh.

Cette différence doit au fait que l'électricité, une fois produite, doit encore être acheminée jusqu'au consommateur et que l'électricité est fortement taxée.

Une facture d'électricité comprend en effet trois grandes masses :

  • la fourniture : il s'agit de l'achat de l'électricité, en gros et de sa revente, au détail, au consommateur final,
  • l'acheminement : il s'agit du transport sur de longues distances et de la distribution, sur de courtes distances, de l'électricité,
  • les taxes : sur l'électricité, elles sont au nombre de quatre : CSPE, TCFE (taxes locales), CTA et TVA.
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